Le consommateur belge plus vulnérable financièrement : de plus en plus de Belges peinent à joindre les deux bouts
La résilience financière des consommateurs belges est mise à mal. En un an, la part des Belges disposant d’une réserve suffisante pour faire face à une dépense imprévue ou à un choc économique est passée de 31 % à 18 %. Plus de huit Belges sur dix s’en sortent encore aujourd’hui, mais avec peu ou pas de marge, ou éprouvent déjà des difficultés à payer leurs factures. C’est ce qui ressort des résultats belges de l’European Consumer Payment Report 2026 du prestataire de services financiers Intrum, réalisée par le cabinet d'études FT Longitude.
La part des Belges qui paient une facture en retard passe de 19 % à 32 %
Cette pression se traduit aussi dans le comportement de paiement : la part des Belges ayant payé une facture en retard est passée de 19 % à 32 %. « Les chiffres montrent que de plus en plus de Belges doivent chercher des moyens de continuer à honorer leurs obligations financières », affirme Guy Colpaert, Managing Director d’Intrum Benelux.
La zone intermédiaire s’effrite
L’étude répartit les consommateurs en trois groupes en fonction de leur santé financière. Le groupe qui s’en sort encore aujourd’hui, mais avec peu de marge face à un nouveau coup dur, passe de 58 % à 68 %. Le groupe financièrement vulnérable, qui éprouve des difficultés à faire face à ses obligations de paiement, progresse lui aussi, de 8 % à 13 %.
- Financièrement résilients : Belges financièrement stables qui disposent de réserves suffisantes pour absorber les coups durs, comme une dépense imprévue ou une perte de revenus.
- Tout juste à flot : Belges qui s’en sortent aujourd’hui, mais avec peu de marge face à un nouveau coup dur.
- Financièrement vulnérables : Belges qui éprouvent des difficultés à faire face à leurs obligations de paiement.
La Belgique fait toujours mieux que la moyenne européenne, mais la tendance à la baisse est manifeste », souligne Colpaert. « La zone intermédiaire s’effrite. La prévention, l’éducation financière et des solutions de paiement réalistes concernent désormais un groupe bien plus large. Dans une société où consommer devient toujours plus facile, un comportement de dépense sain reste la pierre angulaire de la santé financière.Guy Colpaert, Managing Director d’Intrum Benelux
La tendance positive s’inverse
L’an dernier, les Belges payaient encore leurs factures avec une ponctualité inégalée depuis 2019, mais cette tendance positive s’est désormais inversée. L’effritement de la résilience se reflète aussi dans le comportement de paiement. Au cours de l’année écoulée, 32 % des Belges ont payé au moins une facture en retard, contre 19 % un an plus tôt. La part de ceux qui ont payé plusieurs factures en retard a plus que doublé, passant de 8 % à 19 %. La hausse est nettement plus marquée que dans le reste de l’Europe, où la part des retardataires est passée de 24 % à 29 %.
Plus d’un Belge sur quatre emprunte pour payer ses factures
Au cours des six derniers mois, 27 % des Belges ont emprunté de l’argent pour pouvoir payer leurs factures, contre 20 % un an plus tôt. Les crédits hypothécaires ne sont pas pris en compte. La part des Belges ayant une dette à la consommation en cours augmente elle aussi, de 29 % à 41 %. Il s’agit de dettes sans garantie, comme un prêt personnel, un découvert bancaire, une dette sur carte de crédit ou un achat avec paiement différé (buy now, pay later). Ils sont 8 % à déclarer avoir des difficultés à rembourser ces dettes, contre 5 % l’an dernier.
Le fait que les consommateurs empruntent pour payer leurs factures montre qu’ils cherchent activement des moyens d’honorer leurs obligations », observe Colpaert. « Mais le crédit ne sert plus seulement aux achats importants et planifiés : il est aussi de plus en plus souvent utilisé pour boucler les fins de mois. C’est un signal d’alarme. Les paiements différés peuvent s’accumuler et réduire encore la marge financière à terme.Guy Colpaert, Managing Director d’Intrum Benelux
L’assainissement budgétaire tombe au moment où les réserves s’amenuisent
La progression du groupe « tout juste à flot » coïncide avec une incertitude économique accrue en Europe : tensions géopolitiques, conflits commerciaux et pression sur les finances publiques. Le gouvernement fédéral prépare un effort budgétaire de 10 milliards d’euros d’ici 2029. Plus de huit Belges sur dix (81 %) sont tout juste à flot ou financièrement vulnérables. Pour eux, de nouvelles charges ou mesures d’économies, comme d’éventuelles hausses d’impôts ou de TVA, peuvent rapidement peser sur le budget du ménage.
La question n’est pas seulement de savoir combien de personnes parviennent encore à payer leurs factures aujourd’hui, mais aussi quelle marge de manœuvre il leur reste ensuite », poursuit Colpaert. « Ceux qui s’en sortent tout juste aujourd’hui ne sont pas nécessairement armés pour encaisser un prochain coup dur. Pour les ménages les plus vulnérables, un coût supplémentaire limité peut vite devenir un problème.Guy Colpaert, Managing Director d’Intrum Benelux
Les arriérés de paiement peuvent rapidement s’aggraver
Un retard de paiement se limite rarement au montant initial de la facture. Les frais de rappel, les intérêts et, a fortiori, une éventuelle procédure judiciaire peuvent alourdir considérablement la dette totale. Plus une dette reste longtemps sans solution, plus le risque de surendettement augmente pour le consommateur. Des solutions précoces et des plans de remboursement réalistes sont donc essentiels pour éviter que des difficultés de paiement temporaires ne se transforment en problèmes financiers durables.
La cession ou vente de créances peut à cet égard offrir une solution durable, en laissant davantage de latitude pour adapter un plan de remboursement à la situation financière concrète du débiteur. C’est possible grâce à l’horizon de paiement plus long qu’appliquent les investisseurs lors du rachat de portefeuilles de factures impayées.
La résilience financière croît grâce à de meilleures habitudes >
Une bonne solution rend justice à la dette tout en tenant compte de ce que la personne peut payer à ce moment-là », conclut Colpaert. « Un délai plus long peut faire la différence entre un plan de remboursement qui fonctionne sur papier et un plan tenable dans la pratique.Guy Colpaert, Managing Director d’Intrum Benelux