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Nouveau partenariat entre Intrum et Alektum met en lumière la vague de consolidation sur le marché du recouvrement

Intrum a annoncé en octobre 2025 un partenariat stratégique avec Alektum, une société suédoise de recouvrement active dans 10 pays et l’un des acteurs les plus établis d’Europe dans le domaine du credit management. Dans le cadre de cette collaboration, les activités belges et néerlandaises d’Alektum seront intégrées à Intrum, qui prendra désormais en charge la gestion des portefeuilles de créances achetés par Alektum et poursuivra la prestation de services aux clients existants d’Alektum dans les deux pays.

Cette coopération s’inscrit dans la continuité de l’accord annoncé en juillet 2024 avec Hoist Finance, par lequel Intrum assure la gestion de portefeuilles de NPL (Non-Performing Loans – prêts bancaires non performants) acquis. Avec Alektum, Intrum étend désormais ce modèle à une collaboration stratégique similaire, couvrant un spectre plus large de portefeuilles de débiteurs.

Tendance à la consolidation dans le secteur du recouvrement

« Il est clair que ces initiatives ne constituent pas des collaborations isolées, mais qu’elles s’inscrivent dans une tendance de consolidation plus large du marché du recouvrement », déclare Guy Colpaert, Managing Director d’Intrum Benelux. « On peut s’attendre à ce que davantage de collaborations, de partenariats et d’acquisitions de ce type se concrétisent dans un avenir proche. »

Le marché du recouvrement en Belgique et aux Pays-Bas subit une pression croissante. L’un des principaux moteurs de cette consolidation est le renforcement constant des exigences en matière de conformité : de nouvelles législations dans les deux pays imposent des obligations plus strictes aux acteurs du marché. La collaboration et l’effet d’échelle deviennent plus importants que jamais.

Le recouvrement en Belgique : un environnement fortement réglementé

L’introduction du Livre XIX du Code de droit économique (CDE) en octobre 2023 a instauré un nouveau cadre réglementaire pour le secteur belge du recouvrement. Ce Livre XIX fixe des règles strictes pour le recouvrement amiable des dettes des consommateurs, en mettant l’accent sur la transparence, une communication correcte et la protection du débiteur.

Combiné à des cadres européens tels que la Consumer Credit Directive II (CCD2), qui soumet les fournisseurs de “Buy Now Pay Later” à la législation sur le crédit à la consommation, et le Digital Operational Resilience Act (DORA), qui impose des exigences strictes en matière d’externalisation pour les institutions financières, un nouvel environnement complexe se dessine.

Par ailleurs, la gestion de NPL nécessite une autorisation de la FSMA (Autorité des services et marchés financiers).

Dans cet environnement, seuls des acteurs bien structurés et financièrement solides peuvent opérer avec succès à long terme, ce qui renforce encore la consolidation actuelle du secteur du recouvrement.

Hausse des coûts et baisse des revenus mettent les marges sous pression

« En Belgique, les nouvelles règles relatives à la clause pénale dans le Livre XIX du CDE limitent la couverture des coûts lors du recouvrement amiable, tandis que l’augmentation des obligations administratives et de conformité pèse davantage sur la rentabilité », explique Guy Colpaert, Managing Director d’Intrum Benelux. « Résultat : la baisse des revenus s’ajoute à la hausse des coûts, ce qui accroît considérablement la pression sur les sociétés de recouvrement. »

Des investissements inévitables dans un contexte de marges en baisse

Pour rester compétitives et conformes, les sociétés de recouvrement doivent investir à toutes les étapes du cycle de credit management : par exemple dans des plateformes de communication pilotées par l’IA, des processus de recouvrement automatisés, une prise de décision assistée par l’IA et une gestion des dossiers plus efficace.

« Sans volumes plus importants, les investissements nécessaires pèsent encore davantage aujourd’hui, en raison de la baisse des marges et de la hausse des coûts. C’est clairement ce que j’observe sur le marché », déclare Guy Colpaert. « Intrum peut ici faire la différence. Grâce aux économies d’échelle, à une expertise spécialisée et à l’automatisation pilotée par l’IA, nous réalisons des gains d’efficacité et de coûts récurrents. Nos clients bénéficient ainsi de processus de recouvrement plus rapides, technologiquement avancés et juridiquement conformes que les acteurs plus petits ne peuvent tout simplement pas offrir. »

Une augmentation significative de l’échelle pour Intrum

Grâce au partenariat avec Alektum, 40 nouveaux collaborateurs et 80 nouveaux clients seront intégrés, permettant à Intrum de gérer davantage de dossiers, de servir plus rapidement de nouveaux clients et de répartir plus largement les coûts d’investissement.

Cette augmentation d’échelle apporte à Intrum des gains évidents en matière d’efficacité et de qualité. Les investissements dans de nouvelles technologies permettent à Intrum de proposer des solutions personnalisées à grande échelle, tenant compte de la situation personnelle du débiteur tout en garantissant la conformité et la sécurité juridique. « Le partenariat avec Alektum ne concerne donc pas seulement le volume, mais aussi la gestion qualitative des portefeuilles de débiteurs », souligne Guy Colpaert.

La stratégie et la position d’Intrum

Outre des partenariats tels que ceux conclus avec Hoist Finance et Alektum, Intrum continue d’agir lui-même comme investisseur via une structure “capital-light” en collaboration avec Cerberus. Cette structure permet de participer au marché des NPL sans qu’Intrum ne supporte seul l’intégralité du risque.

« Cette stratégie combinée place Intrum dans une position idéale pour l’avenir du credit management : nous offrons aux investisseurs des rendements attractifs sur les portefeuilles de créances acquis, tout en aidant les entreprises à réduire leurs risques financiers. Nous combinons l’échelle, la technologie et la conformité afin de tirer pleinement parti des opportunités du marché », explique Guy Colpaert.

Des acteurs financièrement solides et à grande échelle

Le partenariat avec Alektum, bien qu’important en soi, ne constitue pas un cas isolé mais fait partie d’une vague plus large de consolidation et de coopération sur le marché du recouvrement en Belgique et aux Pays-Bas.

« Je prévois que, dans les années à venir, davantage de collaborations, de fusions et de spécialisations de ce type seront annoncées, ce qui entraînera une concentration accrue du marché. Les acteurs financièrement solides, disposant d’une taille critique, d’un avantage technologique et d’un haut niveau de conformité seront les mieux placés », conclut Guy Colpaert.